La défaite est amère

14 avril 2016 - 15:25

À quoi ressemble le foot dans «la pire» division répertoriée en France ? Francefootball.fr vous propose une plongée dans ce foot amateur à travers cette chronique tenue par le coach d'Esvres-sur-Indre, en cinquième division départementale. Aujourd'hui, le goût amer de la défaite.

Deux défaites lors des deux dernières journées, et tout de suite, c’est la crise. Dans mon esprit, en tout cas. Il faut bien comprendre que je déteste perdre. Et que ce constat ne s’applique pas uniquement au football. Alors oui, les circonstances atténuantes seront retenues au moment de plaider ma cause lorsqu’il sera temps de faire le bilan de la saison. Mais dimanche, quelles que soient les circonstances, nous avons perdu 2-1 contre Lignières, sur notre terrain. Une semaine après en avoir pris six, déjà à domicile, contre Tours Olympic, notre PSG de cinquième div’.
  Sur le papier, comme on dit si souvent pour rationaliser l’irrationnel, ces défaites n’ont rien d’infamantes. Face à Tours Olympic, les garçons ont résisté. Ils ont tout donné. Mais Goliath n’était pas décidé à se faire renverser par David. «Score sévère», «belle résistance», «avec les honneurs»… Autant d’expressions que je déteste devoir utiliser. Bien entendu, s’il faut perdre, je préfère que ces qualificatifs soient apposés à la déconvenue. Mais ce n’est que passer de la pommade sur une plaie : ça fait peut-être un peu moins mal, mais ça n’empêche pas la cicatrice.
  A bien choisir, je crois finalement que je préfère gagner après un mauvais match qu’être le «con» qui repart sans les points après le match de l’année. La preuve ? Depuis deux ans que j’ai repris l’équipe, je suis incapable de dire combien de matches nous avons gagné. Combien de matches nuls. En revanche, j’ai un souvenir très précis de chacune des défaites. Des bonnes excuses, aussi, pour chacune d’elles. Celles derrière lesquelles certains peuvent essayer de se cacher.

Il n'y a qu'un seul avantage à perdre des matches

Quand je regarde le classement de cette année, avec nos sept défaites, je me dis finalement que nous sommes à notre place. Les quatre équipes qui nous précèdent n’en comptent, au maximum, que trois. Et c’est sans doute ce qui me donne le plus de regrets : excepté Tours Olympic, aucune équipe cette année ne nous a réellement surclassés. Dernier exemple en date ? Lignières, dimanche. Chez eux, à l’aller, nous avions su garder notre but inviolé sans pour autant réussir à marquer. Un bon vieux 0-0 des familles, denrée assez rare toutefois en cinquième division, mais finalement un assez bon reflet de la situation. Et au retour, badaboum : hécatombe d’absents, composition expérimentale, penalty «oublié», deux erreurs pour autant de buts encaissés. Voilà la recette idéale pour finir la journée avec des regrets.
  Je vois, en revanche, un avantage à perdre des matches. Et c’est bien le seul. C’est dans la défaite qu’on apprend à découvrir ses joueurs. Les orgueilleux, les révoltés. Ceux qui aideront à tirer le groupe vers la victoire, à effacer les faux-pas. Et je dois dire qu’en deux ans à la tête de cette équipe, j’ai eu des surprises. Plus de bonnes que de mauvaises. Parce qu’au fond, je ne suis pas le seul à avoir ce caractère de cochon. Rien ne me réconforte plus, un soir de défaite, que de voir les garçons faire la gueule. Et surtout, les voir débarquer le dimanche suivant ultra remontés. A commencer par Aldo, mon capitaine-président. Celui qui, après chaque mauvais résultat, n’oublie jamais de m’envoyer un SMS pour me signifier qu’il a autant les boules que moi. Benjamin Henry 

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